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La confusion possible entre l'espace et le temps

Ma démarche picturale prend sa source dans l'obsédante et vertigineuse sensation d'exister dans un monde en irrémédiable transformation. Il s'agit d'aller à la rencontre d'une réalité par-delà la mémoire et le temps. La phrase de Wagner dans Parsifal a répondu à mon interrogation : « L'espace ici devient temps ». Elle fait écho à ce que je supposais n'être en moi qu'une pensée intuitive, alors qu'il s'agissait véritablement d'une certitude, de ma certitude. Cette révélation a donné son sens propre à ma démarche abstraite.

 

La matérialisation de l'espace-temps n'est pas uniquement le reflet de  l'imagination, le fruit de l'instinct, mais se réfère à la mémoire. Il ne s'agit pas d'une mémoire figée dans l'espace-temps, mais de celle qui fait resurgir toutes les émotions ressenties. Et je fais mienne la pensée d'une réalité sans cesse renouvelée qui transforme la mémoire comme le temps transforme la matière, pour mieux réinventer mon propre univers.

 

Annie Baratz

 

 


La métamorphose du réel

S’agissant de la peinture d’Annie Baratz, toute élaboration conceptuelle visant à analyser celle-ci rencontre des difficultés majeures tant elle échappe à toute interprétation sémantique immédiate. L’introspection de son œuvre conduit ainsi à interpeller ce qu’elle contient d’indicible ou d’indiscernable au-delà de sa réalité même. Car il s’agit bien d’interroger ce que cette peinture entretient avec le réel dans les métamorphoses qu’elle nous propose. Difficulté de l’analyse certes, mais certainement, en amont de celle-ci, difficulté de la peinture elle-même dans sa propre élaboration. Nous disions que cette peinture se situe en-deçà des apparences et de l’illusion du réel. Nulle iconologie donc, mais plutôt, dans les formes de représentation, une transgression du sens explicite et un glissement vers l’indicible.

 

Le travail d’Annie Baratz procède par recouvrements, effacements, enlèvement de la matière. Processus inlassablement renouvelé, comme s’il s’agissait ainsi de saisir le réel en en gommant la surface visible pour découvrir les régions dissimulées où s’expriment les émotions les plus intenses. Peinture du sens et des sens, qui s’inscrit dans le temps où elle s’élabore, accumulant les strates où s’édifient tous les plans de représentation du réel, et dans l’espace où se donne à voir la matière picturale. Je dirai que cette peinture procède moins par effet d’immédiateté que par l’action d’images rémanentes. L’essentiel n’est pas tant dans l’appréhension immédiate de l’œuvre que dans la production du sens qu’elle induit après disparition de l’image rétinienne par impression de l’image résiduelle sur la mémoire. Phénomène qui nous renvoie à cette dimension temporelle de l’œuvre et, en même temps, à celle de la réalité et de son propre effacement par l’usure et l’érosion. Annie Baratz traque le réel, certes, mais sa peinture n’en est pas moins l’expression dont les signifiants s’organisent en un langage plastique qui nous apprend à regarder au-delà du miroir et de ses sortilèges.

 

Sao Le, peintre